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Concours d’éloquence « Délie ta langue! » : 14 finalistes et autant d’ambassadeurs et ambassadrices de la langue française

Le concours d’éloquence « Délie ta langue! » donne la parole aux jeunes pour leur permettre de s’approprier leur langue, de la maîtriser et d’en faire rayonner la richesse auprès d’un vaste auditoire.

Le 30 mars dernier, 14 finalistes des quatre coins du Québec et de la francophonie canadienne sont montés sur scène pour parler d’un enjeu qui leur tient à cœur. Devant l’auditorium bondé de BAnQ à Montréal et des centaines d’internautes, ces jeunes ont représenté leur université lors de la 8e finale du concours d’éloquence « Délie ta langue! ».

Former la relève à la prise de parole en public

Ce concours interuniversitaire, organisé par l’Université de Montréal, a pour objectif de former la relève à la prise de parole en public, un atout pour mener une vie professionnelle et citoyenne engagée. Pour y participer, les étudiantes et étudiants admissibles doivent choisir une expression de la langue française et préparer un exposé de cinq minutes sur un enjeu social de leur choix, en établissant un lien entre l’enjeu et l’expression. Après avoir organisé des formations sur l’art oratoire pour sa cohorte, chaque université sélectionne la personne qui la représentera à la demi-finale et, ultimement, à la finale du concours.

Une jeunesse déterminée à changer les choses

Cette année, les thèmes portés par les concurrentes et concurrents de tous horizons comprenaient notamment le féminisme, l’environnement et l’immigration.

Wendy Mbog de l’Université Concordia a choisi l’expression « les chiens aboient, la caravane passe » pour inviter les femmes à ne jamais cesser de rêver, dans un exposé qui lui a valu le premier prix. « Soyez folles, toujours trop, jamais assez! », a-t-elle lancé.

Éva Lalancette de l’Université du Québec à Chicoutimi, lauréate du deuxième prix, a parlé de la discrimination de genre, de la charge mentale des femmes et des effets pervers du patriarcat pour tout le monde, y compris les hommes, à partir de l’expression « porter la culotte ». La fin de son exposé, évoquant les violences faites aux femmes, rejoignait les propos de Sara Akkou, qui représentait l’Université Laval.

Le jury a décerné le cinquième prix à Sara Akkou pour son discours qui dénonçait une culture du silence complice d’abus, voire de féminicides. L’expression « la parole est d’argent, mais le silence est d’or » illustrait son argumentaire.

Pour sa part, Agnès Flora Djampuou Yothe de l’Université de Sherbrooke a appelé les femmes à oser sortir des sentiers battus et à « nager à contre-courant » pour briser le plafond de verre.

L’environnement était au cœur des préoccupations de quatre finalistes. Salomé Bourdet-Menoreau de l’Université McGill a remporté le quatrième prix en déplorant l’inaction individuelle devant l’urgence écologique avec l’expression « mettre un cautère sur une jambe de bois ». Marilou Drouin de l’Université du Québec en Outaouais a attiré l’attention du public sur l’or bleu, cette ressource précieuse que l’on a tendance à gaspiller ici en raison de son abondance alors qu’elle se fait si rare ailleurs. Même si parfois, « il pleut à boire debout », la ressource n’est pas inépuisable, comme elle nous l’a sagement rappelé. Sean Lough du campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta a pointé du doigt notre dépendance à l’automobile, devenue « un mal nécessaire » en raison d’un aménagement urbain qui ne facilite en rien le transport actif et la vie de quartier. Quant à Ghislaine Kerry Tchoupou Kuete de l’Université de l’Ontario français, c’est sous l’angle du consumérisme qu’elle a choisi de traiter le sujet. Son approche montrant que l’incessante quête de biens matériels revient à « courir après le vent » a été si bien reçue qu’elle lui a valu le prix du public!

Trois finalistes ont choisi le thème de l’immigration avec des expressions comme « mettre les voiles » (Estelle Rossetti, Université de Montréal), « se faire tirer le tapis sous les pieds » (Alpha Amadou Sow, Université du Québec à Rimouski, prix Avenir francophone) et « être dans le même bateau » (Lara Nehme, Université du Québec à Montréal, troisième prix). En puisant dans leur bagage personnel, ces finalistes n’ont laissé personne indifférent.

Enfin, l’auditoire a eu droit à de belles réflexions comme celles de Chrislaine Agassounon de l’Université de Moncton, qui faisait l’éloge de la patience avec l’expression « petit à petit, l’oiseau fait son nid ». Il a aussi été question d’étiquettes et de conformité dans l’exposé de Jemima Longri, qui représentait l’Université du Québec à Trois-Rivières, avec l’expression « l’habit ne fait pas le moine ». Lily Froger de HEC Montréal a choisi l’expression « verser des larmes de crocodile » pour parler de la manipulation par les émotions dans l’arène politique et médiatique.

Au fil des ans, des dizaines de jeunes ayant en commun un amour bien assumé du français ont osé monter sur scène pour sensibiliser le public aux questions qui les préoccupent. La tribune et la visibilité qui leur sont offertes dans le cadre du concours en font des ambassadeurs et ambassadrices de choix pour valoriser et protéger la langue française.Ce sont des exemples éloquents et inspirants pour la jeunesse d’aujourd’hui et de demain.

Merci aux équipes des universités participantes et aux partenaires du concours!

La finale de l’édition 2026 et des années précédentes est accessible en ligne dans son intégralité.

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Bon visionnement!

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